[PORTRAITS]

15/01/2026

Rencontre avec Aurélie de la Pointais, illustratrice nantaise

Passionnée par les jolies choses du quotidien, Aurélie de la Pointais cherche, à travers son crayon, à attirer votre regard sur ces mystères auxquels on ne prête pas toujours attention. Découvrez son histoire.

Aurélie de la Pointais
*Bonjour Aurélie, nantaise depuis 25 ans, vous êtes illustratrice pour la presse, l'édition, la communication, l'institutionnel... Vous partagez également votre univers sur les réseaux sociaux. Pourriez-vous nous parler de votre parcours ? 
J’ai grandi à Lyon, passionnée de lecture et bercée par l’univers de Sempé. Je dessinais des chevaux sur les murs de ma chambre, des caricatures de mes profs. Puis j’ai fait des études d’illustration et de graphisme dans une école d’art à Paris : LISAA, et j’ai trouvé du travail dans la pub en arrivant à Nantes. 

Ce n’était pas très drôle. J’étais maquettiste, mais je mettais en forme les projets des autres, cela m’a beaucoup appris. Et puis j’ai eu des enfants et j’ai profité d’un congé maternité pour écrire et dessiner un petit livre et je me suis échappée de cette agence… Il m’a ouvert plein de portes, ce petit livre. Grace à lui j’ai commencé à faire des illustrations, je racontais ma vie sur un ton humoristique sur un blog. C’est comme ça que j’ai commencé à travailler, petit à petit, avec des projets de plus en plus intéressants.


*Comment s’est développée votre sensibilité et qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre art ?

Mes parents aimaient les jolies choses, les beaux objets, et je suivais mon père, on se baladait dans la nature. Il aimait beaucoup photographier les oiseaux. Ma mère est pleine de fantaisie et s’émerveillait des créations de ses enfants. C’est très important ce regard des parents.

Aujourd’hui ce qui me passionne ce sont les jolies choses du quotidien que l’on oublie de repérer. Le beau tombé d’une chevelure sur un blouson, le vert passé d’une porte cochère, la beauté du geste d’un artisan, les répétitions des musiciens, les gens qui s’embrassent, les beaux intérieurs que l’on devine depuis la rue. Quel mystère.


*Que cherchez-vous à transmettre dans vos illustrations ? Nous pressentons beaucoup de tendresse et d’humour dans vos personnages…

Vous avez raison, il y a de la tendresse mais ça je n’y pense pas quand je dessine. Ce que je cherche à transmettre c’est "qu’est ce qu’il se joue, là, regardez !"
C’est le coté universel qui me touche, l’humanité. Et l’humour c’est comme un raccourci efficace pour démontrer. Et là, la boucle est bouclée, l’humour sur l’humain ça fait la tendresse.
*En quoi la ville de Nantes est une source d’inspiration pour vous ?

Nantes porte une nostalgie que j’aime bien : sa pierre, son histoire, sa pluie, son ciel changeant, son esprit frondeur. Elle mérite vraiment d’être explorée ! J’ai découvert la semaine dernière le square de la Psalette, dans le quartier Cathédrale, et ça m’a fait un grand plaisir de découvrir des choses au bout de tant d’années.


*Pourriez-vous nous partager votre quartier préféré (et si possible un point de vue, un lieu, un monument préféré

J’aime beaucoup la vue depuis le square Maurice Schwob, butte Sainte-Anne. Plus bas il y a le Musée Jules Vernes et les escaliers de la butte d’où on voit les grues, de haut. On sent l’eau, les quais, les grands départs. J’adore ! En bas le jardin extraordinaire, que j’ai dessiné... plus haut le Parc des Oblates.


*Que représente BARNES pour vous ?

Pour moi, des décors géniaux pour les illustrations ! De grands et très beaux appartements blancs et crème, avec des moulures, où vivent des gens délicats et raffinés habillés en beige qui disent des choses intelligentes. 

Chez moi c’est un bazar organisé et vivant, plein de dessins, de bibelots, d’animaux empaillés auquel on a mis des cravates ou des colliers, et il m’arrive de rêver de ces grands espaces paisibles et d’imaginer une autre vie que la mienne. 


Découvrez le talent d'Aurélie de la Pointais ici